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[LEMONDE.FR, 8 novembre 2023] Devant les vitrines du musée du Grand Orient de France, rue Cadet, dans le 9e arrondissement de Paris, mercredi 8 novembre, Emmanuel Macron écoute attentivement son guide, concentré. Le commissaire de l’exposition évoque ce moment, à la fin du XVIIIe siècle, de fortes rivalités entre les bourgeoisies catholique et juive, où l’institution maçonnique imposa à ses loges d’accueillir les juifs qui souhaitaient être initiés. Une ouverture qui n’allait pas de soi dans certaines régions – l’Assemblée constituante de 1791 n’avait pas encore accordé aux juifs la citoyenneté française.
Décidée durant l’été, cette visite inédite du président de la République au siège du Grand Orient, à l’occasion de son 250e anniversaire, intervient dans un moment où « l’antisémitisme refait surface, dans les mots, sur les murs », souligne Emmanuel Macron, et « s’affiche sans crainte et sans honte ». « S’en prendre à un juif, c’est toujours chercher à atteindre le projet politique qui le reconnaît libre et égal, c’est toujours chercher à atteindre la République », dit-il encore. Face aux « porteurs de haine », « la République ne transige pas et ne transigera pas », « nous serons impitoyables », promet le chef de l’Etat devant quelque 300 francs-maçons des principales obédiences (Grand Orient, Grande Loge, Droit humain, Grande Loge féminine)…
